Ce poème, un sonnet, écrit en 1854 par Gérard de Nerval, invite l’homme à cesser de se croire tout-puissant, l’entrainant vers plus de modestie, la Vie étant en toute chose.
C’est un très bel hommage à la nature, sa beauté, sa perfection, sa sagesse intrinsèque.
Toujours d’actualité, non ?
« Eh quoi ! Tout est sensible.
PYTHAGORE
Homme ! libre penseur – te crois-tu seul pensant
Dans ce monde, où la vie éclate en toute chose ?
Des forces que tu tiens ta liberté dispose,
Mais de tous tes conseils l’univers est absent.
Respecte dans la bête un esprit agissant…
Chaque fleur est une âme à la Nature éclose ;
Un mystère d’amour dans le métal repose :
Tout est sensible ! – Et tout sur ton être est puissant !
Crains dans le mur aveugle un regard qui t’épie :
À la matière même un verbe est attaché…
Ne la fais pas servir à quelque usage impie.
Souvent dans l’être obscur habite un Dieu caché ;
Et, comme un œil naissant couvert par ses paupières,
Un pur esprit s’accroît sous l’écorce des pierres.”
Ce sonnet fait partie du recueil des Chimères, considéré comme un recueil de poésies ésotériques, mêlant réflexions personnelles, imaginaire, astrologie et alchimie, « composées dans un état de rêverie supernaturaliste » par Gérard de Nerval.
On y trouve nombre de références symboliques, mythiques et mythologiques.
Le titre choisit est une référence aux Vers dorés des pythagoriciens.
« Pour les anciens, l’or était la mesure de ce qu’ils jugeaient sans défauts et beau par excellence, ainsi, par l’âge d’or ils entendaient l’âge des vertus et du bonheur ; et les vers dorés, les vers où la doctrine la plus pure était renfermée » (Antoine Fabre d’Olivet). Ainsi les vers dorés formulaient les préceptes de la sagesse pythagoricienne.